|
EXTRAIT DE LA CHARTE DES VIGNERONS EN BIODYNAMIE
Une reconversion en constante progression
Depuis
une dizaine années, le nombre de domaines pratiquant une reconversion
en agriculture bio-dynamique ne cesse de croître. (voir texte :
Importance de la biodynamie dans la section Points de Vue).
La majeure partie des adhérents au syndicat Biodyvin se sont orientés
vers ce mode de culture dans les années 90 avec une forte recrudescence
à partir de 1995.
Une tendance ? un courant ? Non, une réelle prise de conscience pour celui qui aime sa terre.
L’agriculture
actuelle, marquée par la course à une soi-disant rentabilité et la
recherche d'une productivité de plus en plus importante, s’avère grande
consommatrice de substances dangereuses pour la faune et la flore.
L'emploi de désherbants chimiques, d'insecticides, d'acaricides, de
produits systémiques (pénétrant dans le système circulatoire de la
plante) détruit complètement l'équilibre du sol et de l'environnement.
En tuant les insectes, on supprime également leurs prédateurs naturels.
Avec les désherbants, les sols meurent et se tassent, les racines alors
restent à la surface rendant la plante plus sensible, entre autres, aux
phénomènes climatiques et l’isolant de son terroir. Les engrais issus
de la chimie de synthèse contribuent à la salinité des sols, les
stérilisent et induisent des vigueurs et un niveau de production qui
vont à l’encontre de la qualité. De plus, ces substances polluent les
nappes phréatiques…
Les
vignerons adeptes de la culture bio-dynamique ont fait ce choix parce
qu'ils ont compris que l'emploi de tous ces produits finirait par
déséquilibrer l'écosystème de leur vignoble et par porter atteinte à la
fertilité de leur terre. On ne les regarde plus comme des
extraterrestres ces « paysans » qui ont été les premiers à refuser de
maltraiter leur terre. Bientôt, on cessera de penser que ce ne sont que
des marginaux, car force est de constater que les résultats sont là.
La bio-dynamie, une culture qui va plus loin
Parmi
les pratiques "bio", la biodynamie se singularise par une prise en
considération des influences astrales et du rythme de la nature et par
l'utilisation de préparations végétales de type homéopathique visant à
rééquilibrer et à revitaliser le végétal plus qu'à le soigner en cas de
maladie.
Proposée en
1924 pour répondre aux préoccupations des agriculteurs qui voyaient
déjà leur terre en danger, la bio-dynamie est une méthode de culture
qui va beaucoup plus loin que le fait d’exclure l’emploi de produits
chimiques de synthèse.
Ses
principes ont été définis en 1924 par Rudolf STEINER. Elle pourrait se
résumer sommairement dans les trois points suivants :
-
la valorisation du sol et de la plante dans son environnement naturel
grâce à des préparations issues de matières végétales, animales et
minérales ;
-
l’application de ces préparations à des moments précis dans le cycle de
l’année : c’est la partie dynamique. Elle reconnaît dans la terre,
prise au sens large (roche mère, terre labourable, environnement
aérien) un organisme à part entière. Ainsi, elle agit comme un médecin
qui choisirait, pour soigner ses malades, des traitements spécifiques
mettant en œuvre des forces de vie ;
- le travail du sol par des labours et des griffages.
Ces soins favorisent :
- l’amélioration de la qualité de la terre par la présence d’une grande variété de bactéries ;
- un meilleur enracinement de la plante, avec des racines plus denses, plus allongées ;
-
un meilleur développement des feuilles et des fleurs par l’apport
d’énergie nécessaire à une fructification harmonieuse.
La bio-dynamie en viticulture
Le
domaine viticole, comme tout autre domaine agricole, est considéré
comme un organisme vivant. Le sol cultivé n’est pas un simple support
pour la vigne mais bien un milieu de vie, source d’énergie pour la
plante tout comme son environnement aérien.
Ainsi
la vigne - organisme médian - crée et nourrit son terroir dans ce
milieu habité et vivant qui entoure la racine. Les échanges entre la
biologie du sol, son système racinaire et foliaire permettent
l’expression du terroir dans les raisins. Les saveurs de ces derniers
en sont sublimées.
La pratique en viticulture doit être très élaborée pour compenser le risque de déséquilibre de cette monoculture.
Les préparations
Elles proviennent de matières végétales, animales et minérales transformées :
- le compost de bouse MT soutient et renforce le processus de décomposition de la terre. Il
contient tous les éléments qui aident à la formation du complexe
argilo-humique. On y trouve un nombre et une variété de bactéries
considérables.
- la préparation 500,
bouse de corne, agit sur la plante. Elle renforce la vie souterraine.
Son efficacité se confirme après de nombreux essais : les racines sont
plus allongées, plus denses, mieux réparties.
- la préparation 501,
silice de corne aide au développement des feuilles, à l’équilibre de la
fleur et à l’énergie nécessaire à une bonne et belle fructification.
Ces trois premières doivent passer par la dynamisation avant l’épandage.
Les
autres préparations, élaborées à partir d’achillée, de camomille,
d’ortie, d’écorce de chêne, de pissenlit et de valériane, ont toutes
subi des transformations - fermentations en présence d’organes animaux
pour certaines - élevant leurs propriétés premières en les transformant
en humus aux qualités particulières. Ces dernières sont indispensables,
elles servent à l’ensemencement des composts afin d’en orienter les
fermentations pour l’équilibre et l’harmonie du sol et de la plante.
Les rythmes terrestres et lunaires
Les
rythmes solaires, composés par le jour, la nuit ou les saisons et les
rythmes lunaires nous sont familiers. Depuis 10 ans, les
expérimentations menées par Maria THUN ont permis de constater les
influences cosmiques sur la croissance des plantes. Celles-ci semblent
liées aux positions de la lune, du soleil et des planètes par rapport
aux constellations.
Un
calendrier, lié à ses observations, a été mis au point. Les travaux et
traitements de la vigne peuvent être magnifiés par le choix des dates
d’intervention. Mais, depuis des milliers d’années, tout bon agriculteur tient compte des rythmes solaires et lunaires !
Le binage
Il
favorise l’installation des processus de vie en travaillant le sol à
des moments différents dans l’année, le mois ou la journée. Ainsi, un
binage au printemps lunaire aura une autre qualité qu’un binage en
automne lunaire. Un binage le matin vitalisera la plante, un binage
l’après-midi gardera l’eau dans le sol… C’est le vigneron qui décide
des binages et labours en fonction de sa terre.
Les autres traitements
Si
l’équilibre est atteint, la plante se défendra ou plutôt, elle
n’appellera pas le parasite (cryptogames, insectes ou acariens).
Cependant, on aura parfois à intervenir pour aider la plante avec des
tisanes, décoctions ou des dilutions homéopathiques de plantes et, si
nécessaire, des produits naturels comme la bouillie bordelaise et la
fleur de soufre.
Le but
du « vigneron bio dynamique », au travers de sa culture spécifique de
la vigne, est de produire un vin de haute qualité avec ses
caractéristiques propres issues des éléments uniques qui forment le
terroir de chaque domaine. Le vin en sera l’expression car ainsi les
qualités et les particularités de ce terroir seront respectées.
Si
beaucoup de ces vins authentiques et signés sont présentés comme des
références, c'est parce que les hommes qui les font naître sont animés
de talent et de passion.
La vinification
La culture bio-dynamique permet à la vie et aux levures de se développer sur la peau du raisin. Plus il y a de variétés de levures indigènes, plus typé sera le vin. Il n'est donc pas nécessaire d'introduire des levures étrangères qui
orientent les arômes et finissent par standardiser les vins.
Il
en va de même avec l’utilisation des produits œnologiques visant à
modifier l’équilibre initial du raisin (chaptalisation,
acidification/désacidification, enzymes, colles, azote…), obtenu à
partir d’une climatologie et d’un terroir précis. Le vigneron en
bio-dynamie fera tout sont possible pour obtenir des raisins
équilibrés, lui permettant d’éviter l’utilisation de tels produits.
L'utilisation
de l'anhydride sulfureux (SO2) reste controversée. Si l’obtention d’un
vin sans SO2 reste un objectif louable, force est de constaté qu’il
n'existe pas d'alternative crédible à une utilisation modérée.
Le cahier des charges en vinification bio prévoit une baisse d'environ
50 % des doses maximales admises par le règlement européen.
Additifs et conservateurs ne sont pas nécessaires dès lors que la matière première est soignée et de bonne qualité.
Les questions que vous vous posez sur l'agriculture bio-dynamique
Comment reconnaît-on une vigne cultivée en bio-dynamie ?
À
cette petite verdure qui pousse naturellement entre les rangs et se
développe entre deux labours ou binages. À la présence d’animaux, de
vers de terre et à une grande activité biologique des sols. Les
matières organiques sont « digérées » par la vie du sol et on remarque
beaucoup moins de feuilles ou vieux sarments sur les sols. Les sols
sont tendres et non tassés, les mottes de terre se brisent en laissant
apparaître une structure grumeleuse.
Les
vignes sont en général moins vigoureuses, de couleur moins foncée avec
des feuilles et des apex orientés vers la lumière du soleil.
Comment reconnaît-on un vin « bio » ?
Le
vin « bio » n'existe pas. On ne trouve sur le marché français que des
vins "issus de raisins provenant de l'agriculture biologique". Cette
subtilité tient à l'absence de cahier des charges officiellement
reconnu concernant le processus de transformation en vin des raisins
issus de culture biologique ou bio-dynamique. Dans d'autres pays où la
législation est moins stricte, comme les États-Unis, les bouteilles de
vins arborent fièrement la mention "organic wine" (vin biologique). Les
Français ne peuvent pas le faire chez eux, mais rien ne les empêche
d'utiliser la mention "vin biologique" pour les bouteilles destinées à
ces marchés où la dénomination "biologique" est moins stricte.
Quelles sont les règles à respecter pour pouvoir apposer la mention AB (Agriculture biologique) sur les bouteilles ?
Les vins issus de l'agriculture biologique portent sur leur étiquette les mentions : Contrôlé par Ecocert, Qualité France.
Les
normes de la production en agriculture biologique sont établies par un
règlement européen (CEE 2092/91) du 24 juin 1991 qui impose de :
- cultiver les vignes sans produits chimiques de synthèse ;
- être certifié par un organisme agréé ;
- avoir notifié son activité à la Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt ;
-
mettre en oeuvre les règles de l'agriculture biologique pendant trois
campagnes avant de pouvoir revendiquer sur l'étiquetage la mention "vin
issu de raisins de l'agriculture biologique".
Certains
vignerons n'annoncent pas sur leur étiquette que le vin est issu de
l'agriculture biologique ou biodynamique, car il s'agit pour eux d'une
démarche normale faisant partie intégrante de leur mode de vie et
préfèrent communiquer sur leurs terroirs plutôt que sur le mode de
culture.
Quelles sont les règles à respecter pour pouvoir apposer le label Biodyvin sur les etiquettes ?
Le
SIVCBD exige que les vignerons adhérents soient certifié AB pour
l’intégralité de leur domaine, et cultivent également l’intégralité de
leur propriété en biodynamie. Le SIVCBD fournit un cahier des charges à
un organisme indépendant ECOCERT qui réalise un contrôle annuel sur
chaque domaine. En fonction du rapport de contrôle, le SIVCBD délivre
le label BIODYVIN.
Le lien du site Biodyvin

|